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Qu’est-ce que la Finance Verte ?

Publié le 17 avril 2020
Modifié le 23 juil. 2026

Une approche financière au service d’une économie plus responsable ! Amine DOGHRI, professeur à IGENSIA School of Business (ex ESAM), nous présente ce qu’est la Finance Verte et son impact dans un monde en pleine révolution écologique.

Finance verte : définition, enjeux et exemples

Une approche financière au service d’une économie plus responsable ! Amine DOGHRI, professeur à IGENSIA School of Business (ex ESAM), nous présente ce qu’est la Finance Verte et son impact dans un monde en pleine révolution écologique.

La Finance Verte ?

Réconcilier performance économique et préservation de l’environnement

Si on recherche des citations en ligne qui touchent à la finance, une grande partie des résultats qui sortiront sont des citations négatives. Il y a les requins de la finance, la finance en tant que responsable des crises… La finance apparaît comme l’ennemie de l’économie. Malgré tout, si la finance n’existait pas, nous n’aurions pas d’économie : avec la disparition de la finance, il y aurait aussi la disparition du commerce, de la création de richesse, des assurances…

Les objectifs de la Finance Verte face aux enjeux climatiques

Orienter les investissements vers des activités durables et responsables

Certes, il n’y aurait plus de crise “financière” mais d’un autre côté, le monde entier serait tellement au moyen-âge qu’une crise n’aurait aucun impact. Cela ne veut pas dire que tout est parfait dans la finance, puisqu’elle doit s’adapter aux problématiques de son époque. Aujourd’hui, la problématique la plus constante, depuis des années, est l’environnement. La Finance Verte vise à réconcilier la création de richesses avec la préservation de la planète : c’est une finance qui se veut plus responsable.

La Finance Verte, un marché en forte croissance

RSE, empreinte carbone et obligations vertes : de nouveaux repères pour investir

L’objectif de la Finance Verte est d’orienter les investissements vers des domaines plus respectueux de la planète et notamment pour endiguer le réchauffement climatique. Cela veut donc dire qu’il ne faut surtout pas, dans ce contexte, investir dans des activités polluantes. Dans ce cadre là, les profits ne sont plus la priorité absolue, de nouveaux indicateurs clés acquièrent une importance capitale : la RSE, l’empreinte carbone, l’impact sociétal …

Pourquoi la finance s’engage-t-elle aujourd’hui pour l’environnement ?

De la rentabilité court terme à l’investissement responsable

Évidemment, aujourd’hui nous sommes encore à un stade primitif de la Finance Verte ou la finance responsable. Cela étant, cette finance progresse à grands pas. Ainsi, en 2018, nous enregistrions une croissance des flux financiers en faveur de la sauvegarde du climat de 25 %, dépassant ainsi le volume des 500 milliards de $ dans le monde. Cela peut paraître énorme à notre échelle mais encore loin des volumes nécessaires estimés pour atteindre les objectifs des accords de Paris (premiers accords universels sur le réchauffement climatique, instigué par Nicolas HULOT) qui sont de l’ordre de 1500 milliards de $. Pire encore, les investissements dans les nouveaux projets qui dépendent des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ne ralentissent pas, ce qui contrebalance tous les objectifs de la Finance Verte. Tout n’est pas inquiétant non plus, puisque le marché des obligations vertes, lui, croît à une vitesse hallucinante. Ainsi, aujourd’hui, les obligations vertes en circulations représentent environ 640 milliards de $ et Bloomberg estime qu’à l’horizon de juin 2021, le marché dépassera 1000 milliards de $.

La Finance Verte peut-elle contribuer à sauver l’environnement ?

Un levier essentiel, complémentaire aux transformations politiques et sociétales

Dans ce cas, pourquoi la finance ne s’est intéressée aux problématiques environnementales que récemment alors que le sommet de Kyoto date déjà de 1997 et ce n’était même pas le premier sommet environnemental ? La réponse semble simple : contrairement aux industries qui doivent observer des normes et des directives liées à l’environnement, la finance n’a pas de lien direct avec le climat ou le développement durable. Ce manque de lien direct fait qu’il n’y a donc pas de consensus sur les indicateurs qui permettent de mesurer la performance de la finance verte, ou même ses objectifs. Prenons l’exemple d’une banque, quelle qu’elle soit : on ne sait pas encore comment elle peut s’inscrire dans le contexte de la finance verte sans perdre trop de potentiels revenus. Ainsi, les leviers sont présents, tels qu’encourager les prêts à finalité responsable tels que les prêts aux start-ups qui innovent dans le domaine environnemental, ou encore, inciter un comportement responsable, voire même refuser de prêter aux entreprises polluantes sachant que ces entreprises continuent à enregistrer des profits.

La finance verte n’arrivera pas à sauvegarder l’environnement toute seule, ce n’est qu’une pièce du puzzle, importante certes, qui doit être conjuguée avec des discussions politiques, des lois, énormément d’innovations dans le domaine et une évolution des mentalités dans le grand public. L’espoir subsiste donc, et il est plus grand que jamais mais il reste un grand travail qui doit être mené à tous les niveaux. Le mouvement est donc enclenché, et nous y arriverons petit à petit.

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